10.05.2008
Taupe modèle
Dans l’atelier du peintre, obscurité feutrée et désordre apparent donnent le ton.
Je m’installe pour la pose. Un gagne-pain comme un autre, qui présente pour moi le secret avantage de m’offrir une occasion d’assouvir quelques penchants intimes, notamment exhibitionnistes. Non pas pour le résultat obtenu par l’artiste – qui me transforme en quelque bizarrerie à forme d’insecte et me rend chaque fois parfaitement méconnaissable, c’est le fait de me tenir nue devant cette jeune femme que j’affectionne. D’autant qu’à chaque séance, une fois dénudée et prête à m’installer dans sa mise en scène, je perçois un trouble certain émanant des gestes parfois confus de la maîtresse du lieu.
Mon corps n’a pourtant rien de très glamour et encore moins d’exceptionnel. J’ai des hanches plutôt fortes au bas d’un dos cambré à l’excès sur une taille en ‘v’, une poitrine insignifiante, menue quoique équilibrée et de maintien correct, un visage carré au front plat qu’accentue la coiffure d’une chevelure brun clair, invariablement tirée vers l’arrière par une queue de cheval ou un chignon brouillon. J’ai la peau blanche et mate, les pieds petits et un peu boudinés, les mains fines aux doigts courts, les épaules à l’équerre d’un cou où pointe un semblant de double menton. Le tout contenu dans 1,67m, pesant près de soixante kilos. J’ai quarante ans, tout juste. Je suis mère de deux filles, bientôt divorcée d’un homme que j’ai beaucoup aimé et qui m’est devenu insupportable au fil des ans. Sans doute parce que j’ai beaucoup changé, et lui pas assez à mes yeux, à mon goût.
Je me laisse manipuler par l’artiste ; peu loquace, elle me dirige avec les mains - des mains noueuses, rugueuses et respectueuses, aux longs doigts effilés, dont j’aime le toucher. Elle a glissé un tabouret de bar sous mon ventre, me demande de tenir le buste incliné, un pied d’appel au sol et l’autre jambe recroquevillée vers l’arrière. Elle semble ne savoir trop que faire de mes bras. Leur donne un angle, retourne à son chevalet, revient, leur trouve un autre angle, change le port de tête, se ravise, déniche une canne de bois, me la cale sous le coude gauche, dans la main gauche, la main droite, non, la gauche…
Je me laisse faire. D’une, j’ai tout mon temps à cette heure tardive de ma semaine solitaire. De deux, j’aime ça. Être l’objet de son art, son sujet de préoccupation, accaparer toute son attention, même si elle n’est pas véritablement dirigée à mon endroit, c’est ma friandise bimestrielle. Et puis, quand ça commence comme ça, il y a fort à parier qu’on en a pour un bout de temps encore, cette fois.
Quand elle se tient près de moi, je peux sentir ses odeurs. Celles acides de son atelier, celle fluide de sa peau de sang-mêlé sous sa blouse tâchée et ce parfum dans sa chevelure, comme une pêche mûre.
Quand se sera fini pour aujourd’hui, elle me versera un verre de blanc, tiré de la cuvée de son paternel. Nous boirons presque sans mot dire, les yeux dans les yeux, dans le vague, laissant passer un sourire, un soupir, à fleur d’âme.
Depuis peu, elle me laisse voir son travail en cours. Quelque fois, nous l’explorons jusqu’au petit jour.
Ayant moi-même vécu avec un artiste, je ne pose jamais la question du pourquoi. En revanche, je grignote tout du reste. Les comment, à quel moment, dans quelle humeur… les autrement, les opposants, les déclencheurs… je finis par tout savoir. Et dans son terrier sous les toits, elle fait jaillir de quelque endroit impossible des fantasmagories colorées, sensibles, passionnées.
Je n’en mettrais pas dans mon salon, mais si je tenais un de ces lieux prisés par la faune des larves, des chrysalides, des bousiers, des libellules, des arachnées, des coccinelles et autres mutants multipathes qui pullulent autour des œuvres d’art, j’en couvrirais jusqu’aux murs des toilettes.
Elle ne gratte plus rien sur la toile. On est proche de la fin. J’ai soif. J’ai faim. Je ne sais d’ailleurs pas définir quelle est la nature de mon appétit. Je m’enivrerais bien, ceci dit. Elle quitte son chevalet, approche, me libère de la pose, se dirige vers le juke-box éventré qui lui tient lieu de bar, me sert un verre de nectar moëlleux tandis que je me couvre d’un drap qui traîne, puis elle me mène vers le côté sombre de l’atelier dont seule la toile est éclairée par une lampe hallogène.
Je chausse mes lunettes à gros foyers – je suis myope comme une taupe. Nous trinquons en silence.
Si j’osais ?
J’ose, allez.
"taupe modèle" un texte de norbertiniak pour MNW © 2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
NB: texte en attente d'une illustration infographiée par notre chère C*o*P.
16:50 Publié dans fesse-bouc | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : top model, mnw invite pavupapri, on attend des pixes de, poulili
07.04.2008
1001 raisons
Aoh non LES MECS!
vous devriez prendre garde aux avertos qu'on vous donne des fois. des fois trop souvent des fois. des fois tellement souvent que ça fait trop tellement que ça remplit une valise, tiens. ben tiens, la valise qu'on tient à la main sur le pas de la porte, tiens. 'oyez ?
mmmnnnnan, 'oyez pas... tsi hi.
LES FIIIIILLES, youhou! viendez leurs z'y dire à vos mecs CE QUI SE TROUVE DEJA DANS VOTRE VALISE, à vous. mais si, vous savez, celle avec l'étiquette "j'me casse, pauv'con".
(laissez un comm', je me charge de transmettre)
quant à VOUS LES GARS, si je rassemble sur ce post les 1001 raisons qui nous mèneront peut-être un jour à vous dire "j'me casse, pauv'con", VOUS ÊTES MÂLES, là, c'est sûr.
DANS MA VALISE IL Y A ... déjà (sur l'air de "Oh Ceciiii-lia") :
- tes chaussettes d'avant-avant-avant-hier qui traînent, si si, juste DERRIERE la porte, pauv' con!
- tes poils de b*** sur ma brosse à cheveux tellement que tu remues ta serviette avec précaution, pauv'con!
- ton courrier dans l'entrée, dont je te rappelle qu'il contient deux avis en recommandé, pauv'con!
- "NANNNNNNNNNN, t'as encore oublié la lunette des chiottes, pauv'con dégueulasse !!!!!!!"
- tu ne nettoies jamais les chiottes, pauv' con !
- t'arrêtes de me regarder comme un pauv'con, pauv' con!... d'ailleurs t'arrêtes de m'regarder tout court (pauv'con, quand même, tiens!)
- ce soir, tu t'la mets sur l'oreille ou sous l'oreiller ? pauv' con !
- non ce n'est pas dans mes gènes le repassage gros con !
- tiens, et oublie pas tes caleçons Calvin Klein, pauv' con !
- t'arrête de m'prendre pour une pauv'conne, pauv'con !
- t'attends quoi ! t'attends qu'il te saute à la gueule le torchon pour essuyer la vaisselle pauv'con !
- c'est quoi qui pue comme ça, dis moi pas qu'cé ta gueule de pauv'con ? pauv'con !
- arrête de faire cui cui comme une mainate quand t'es en présence de mes cops, pauv'con !
- tu sais ce que j'en fais du serin que ta mère t'a offert, pauv'con ?
- tes soirées avec tes potes, pauv'con !
- l'unique fois où tu n'as pas voulu faire l'amour, pauv'con !
- tes vêtements sales, c'est pas SUR le panier de linge sale, mais DANS le panier de linge sale, pauv'con !
- mon lavabo qui se transforme en océan chaque matin si bien que mon t-shirt aussi quand je m'appuie pour me mettre du mascara, pauv'con !
- t'as fourré ta langue dans la bouche d'une autre mais tu t'en souviens plus?? ben moi je le sais à ta place, pauv'con!
- ta sueur de mec bourré rentré à quatre pattes de mouton et même pas arrivé jusqu'au canapé sans berger, pauv'con !
- ta voix de benet devant ta mère qui nous fait chier, pauv'con !
- ta voix de macho quand tu parles à MA mère (qui te chie dessus), pauv'con !
- mon anniversaire c'était il y a quinze jours, pauv'con!
- le film que je voulais voir, c'était hier là der', pauv'con !
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(à vous mes Belles)
17:57 Publié dans fesse-bouc | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : facebook c caca, avec ou sans cédille y en a vraiment qui méritent des baffes, quitte-le jte dis, snif, adieu, pauv'con



















