02.05.2008
le Pti Chardon Rouge sur la D924
Aoh non, les filles, il est tard.
'faut que je vous raconte une histoire. si.
(une hein - pas deux) et pi on va s'coucher.
ben quoi! c'est bien les histoires du soir. tsi hi.
nnn'ors wala :
C'est la nuit bientôt. le printemps, pas encore.
après avoir crevé, cherché un cric, pas trouvé, galéré le pouce levé, je décide de poursuivre à pied le long de la D924 qui devrait me ramener pas loin de chez moi ousskeu je vais me faire salement recevoir même si j'ai une bonne excuse. c'est pas le jour pour arriver en retard. y a des jours comme ça (selon la formule consacrée par Jeanne d'Arc, lors d'un fameux méchoui rouennais).
je fais pas cent mètres que je m'aperçois qu'une forêt a poussé de part et d'autre de ce trajet quotidien ousskil y en a pas d'habitude, j'en suis sûre, même : je pourrais le jurer (comme disait un grossier personnage dont je préfère taire le nom ici). ben là, une forêt. de celles qui ne poussent que dans des latitudes autrement plus nordiques que les monts de Vaucluse. dense, avec des arbres tellement hauts que les nuages font un écart pour ne pas s'éventrer dessus.
bon ben, j'avance, hein. suis pas en avance, moi.
je fais quand même un peu moinsse la maligne que quand il fallait lever le pouce, notez. c'est l'ambiance, aussi. le vent s'est levé. ça fait bruisser les arbres comme jamais. le bitume de la route prend un teinte bleue très contrastée. comme pour faire écho aux sombres nuages qui fusent, là-haut.
une tâche rouge sur le bas côté opposé, attire mon oeil. me pète à la rétine, oui. je sais pas pourquoi, je traverse. des fois, on sait pas pourquoi, hein ? et puis si.
"- moulllaaa! z'allez où comme ça, la p'tite dame ? fait une voix qu'a pas du tout l'accent de par chez nous, m'alors pas du tout. 'faut pas rester seule dans c'bois, hein ?"
(j'ai déjà vu ce film, non? je pense d'un coup)
un employé de la DDE, reconnaissable à son cône sur la tête, me fait signe d'approcher.
t'as raison! comment je retraverse vite fait, oui. dans mon dos, je l'entends qui s'éloigne en beuglant "Quoi, ma gueule ? Qu'est-ce qu'elle a ma gueeeule ?!" (ben, si tu veux mon avis, t'as de gros yeux trop gros).
"- ben alors, la poulette ? on s'est perdue dans la forêt , on a pas pris son petit pot de beurre ? c'est dommage ça. dôôômmage domaj-domaj-domaj..." fait une autre voix sortant du sous-bois devant moi.
UN LOUP!
'fin, je dis ça. 'fallait voir la bête. biscornue, avec un sourire salasse et vibrant de partout.
là, je me suis vue cuite. toute crue. pétrifiée, je ne fais plus un geste, plus un pas et pas un pet. je ferais bien un pti pipi dans ma culotte, mais j'ai peur de m'attirer encore plus d'ennuis de la part de mon gros velu d'en face. bouge pas lui non plus. ou à peine. il fouille la terre avec son museau. l'attend quoi ? le bus ?
eh ben oui! un bus arrive, embarque la bête qui en montant sur le marche-pied me lance... un petit chardon rouge.
rentrée à la maison, j'ai pas fait dans le détail. je suis allée droit aux toilettes, j'ai fait un grooos pipi réparateur. je me suis affalée sur le canapé. mon mec et mes gosses me regardaient, attendant sans doute une explication.
" - ...crevée! " j'ai dit. et je me suis réveillée.
23:30 Publié dans U may SURF | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : colors of poulili, graphisme, bébête qui monte, gratte gratte





















